15/06/2000

 UFRAPS - RS of MAUPERTUIS: 20-67

Ciment rapide pour groupe hétérogène...

Comment construire en 48 heures une équipe qui tienne la route, avec,
sur un groupe de 15, 9 débutants complets et 6 joueurs à moins de 5 capes?


Ciment Rapide
Drouet
10 essais à 3
Nono
Stars de demain

 

Le capitaine de l'équipe de France : Wloch qui va foirer un pourtant joli départ au ras



Devinette: Sur les 15 joueurs des Red Stars inscrits sur la feuille de match de ce UFRAPS - Red Star, combien de joueurs avaient déjà disputé un match de rugby ? Sept: Nono, Wloch, Thornary, Wieber, Goust, Oudet, Drouet. Et le dernier Toucher 2 mains ? Aux sept précités, ajoutez Samuel, Jean-José, Thibault, Christophe

Convenez qu'avec, de plus, neuf débutants complets (dont six au coup d'envoi), Vincent Thornary partait un peu, jeudi, dans l'inconnu technico- tactique, n'ayant eu que 2 entraînements  pour trouver l'indispensable cohésion qui sied à toute équipe de rugby, a fortiori qui plaque.

Et d'ailleurs,  le nouvel entraîneur des Red Star est homme à se faire du souci... (pour rien !). Le jeudi après-midi précédent la rencontre, confortablement installé dans un bureau de l'INRIA, dans la banlieue de Grenoble, il ne voulait entendre parler ni des « non sélectionnables » pour cause de finale de Coupe de France, de Bouclier Européen ou d'Air France Sevens. Encore moins des nombreux  forfaits (après celui toujours inexpliqué, de Niko) qui avaient compliqué son début de semaine (Marc, Alain, Laurent, Eric, Louis). La défense lamentable à laquelle il venait d'assister lors des dernières mises au point l'avait laissé amer.

Il avait un match à jouer (et à gagner!) la semaine suivante, et il ne faisait absolument pas confiance à l'équipe qu'il avait formée, à l'ossature d'anciens comme à tous les débutants:« Chez les Red Star, personne ne choisit ses matchs. Tous les joueurs, qu'ils soient jeunes ou anciens, doivent être performants pour y revenir. Et tous ont déjà rater des matchs, ce qui ne me rassure pas. C'est aussi simple que cela!»
 

Quelques repères collectifs...

Il a bien fallu, néammoins, profiter des deux entraînements du mardi pour donner à ce groupe pour le moins hétéroclite quelques bases communes:« J'ai essayé de leur donner quelques repères collectifs, plaide Vincent. Que ce soit au niveau des déplacements défensifs des arrières  face à une attaque qui cherche à prendre le milieu du terrain, qu'à ceux des touches, mêlées et lancements de jeu, il a fallu simplifier au maximum... » Une simplification qui n'a pas empêché l'équipe de France de marquer son sujet en marquant dix essais: « Je suis très satisfait de l'état d'esprit, tant des jeunes que des anciens, dira l'entraîneur lors de la conférence de presse d'après- match. Tout le monde a fait preuve de rigueur et de concentration: pas un mot de travers! Les jeunes savaient qu'ils passaient un examen important. Et les anciens ont été à la hauteur: Mathieu (Wloch) un chef de file extra et Nono, Pierre-Brice et Fred les leaders de jeu que j'attendais. » Avec ses soixante-quinze sélections qui le placent, d'ores et déjà au « Panthéon » du rugby français, derrière Philippe Sella (111) et Serge Blanco (93), « Captain Wloch » était heureux comme un gosse, dans le vestiaire du lycée Arcouges, au milieu de la bleusaille qu'il venait de mener brillamment à la victoire: « La priorité, dans ces matchs, c'est de les prendre sérieusement. Ce sont les plus durs à préparer: on savait l'UFRAPS orgueilleux. Au discours d'avant-match, je leur ai simplement dit qu'ils allaient vivre un moment rare, et de bien en profiter. Je crois que mon message a été reçu... » Message reçu, en effet, par ce groupe France « new look », qui peut partir en vacances (internationales) l'âme en paix: « ils se sont bien amusés en restant sérieux , concluera Caramel, chef de la délégation française. C'est ce que voulait Vincent. » Alors, tout est dit...

Thomas GOUST envoyé spécial