DEFI
Nono, numéro 2, acte II
A 28 ans, Nono, même s'il n'a pas encore officié à ce poste au niveau international, annonce clairement son intention de débuter une deuxième carrière au talonnage. Il se dit prêt à relever le challenge jusqu'au bout.
|
|
|
|
|
|
Mammy: « Il a des prédispositions »
Il est vrai que Nono a quelques arguments. Qualités physiques
intéressantes, potentiel technique évident, agilité
et vitesse de course (il s'entraîne très souvent avec les
trois-quarts) lui procurent, en effet, le profil rêvé pour
le plus haut niveau. Sans oublier le formidable compétiteur qu'il
est et ses quelques vertus guerrières... Est-ce suffisant pour autant?
Eric Mammy, coentraîneur des RedStar et champion de France 85
et 86 à ce poste, est sûrement le mieux placé pour
l'évoquer:« Nono a des prédispositions certaines mais
porter ce numéro nécessite une véritable spécificité.
La poussée du talonneur, par exemple, ne s'apparente en rien à
celle du pilier gauche que Nono connaît bien. Cela se rapproche davantage
du rôle du pilier droit. Il existe une vraie panoplie de positions
(dos, tête, épaules) à prendre afin de mettre la pression
sur son adversaire.
Au-delà de l'obligation d'y jouer régulièrement,
il est souhaitable de faire preuve d'intelligence, d'un certain sens de
l'adaptation, de travailler une somme de petits détails qui font
la différence. Pour avoir le plus clair du temps rendu 20 kg(!)
à mes adversaires durant ma carrière, je sais combien il
faut être malin et savoir jouer de ruses... Il y a cent façons
de faire souffrir un adversaire à ce poste. Il y a aussi le lancer
en touches: Nono bénéficie de quelques avantages avec un
lancer naturel droit. C'est bien mais pas suffisant. Il lui faudra énormément
travailler afin d'être compétitif notamment quand la fatigue
se fera sentir en fin de rencontre. C'est une tout autre approche au niveau
de la concentration. »
« Le lancer me fait penser au swing du golfeur »
Eric est le meilleur professeur qui soit pour Nono, prêt à redoubler d'efforts:« La poussée en mêlée ne m'inquiète pas! J'ai déjà joué aux trois postes, j'ai pu acquérir une certaine expérience et faculté d'adaptation. Reste le lancer. Celui du talonneur me fait penser au swing du golfeur: si tu ne le bosses pas d'une semaine, tu perds tout! Si j'ai la moindre chance de réussir à ce poste, je lancerai jour et nuit... »
Un autre problème risque de se poser. Pour être compétitif à ce poste au plus haut niveau, il faut y jouer en club. Or, l'actuel titulaire indiscutable a l'INRIA se nomme Alain, auteur d'une bonne saison et qui a rempilé pour quatre ans. Nono devenant même en cours d'année sa doublure, compte tenu de la blessure du jeune Servat. Si l'essai s'avérait concluant, sûr que les entraîneurs trouveront la parade. D'autant que l'INRIA ne manque pas de piliers. Vincent a cette idée dans la tête depuis le dernier Tournoi et s'en était d'ailleurs ouvert à Pierre-Brice.
La relative pauvreté de la relève l'incite aussi à
accélérer le mouvement: Eric (53 ans) est proche de la sortie
et la génération qui suit met du temps à éclore
derrière .
Et puis, comme se plaît à le rappeler l'entraîneur
du XV des RedStar:« Jacques Fouroux avait fait de même avec
Daniel Dubroca, alors plus âgé, avec la réussite que
l'on sait... »
Thomas GOUST